Franz Schubert: Schwanengesang – Die Taubenpost (La poste aux pigeons)
Franz Schubert – Schwanengesang:
- Liebesbotschaft → Message d’amour
- Kriegers Ahnung → Pressentiment du guerrier
- Frühlingssehnsucht → Nostalgie du printemps
- Ständchen → Sérénade
- Aufenthalt → Séjour
- In der Ferne → Au loin
- Abschied → Adieu
- Der Atlas → Atlas
- Ihr Bild → Son portrait
- Das Fischermädchen → La jeune pêcheuse
- Die Stadt → La ville
- Am Meer → Au bord de la mer
- Der Doppelgänger → Le Double
- Die Taubenpost → La poste aux pigeons
« Die Taubenpost » est le numéro conclusif (souvent indiqué comme n° 14) du cycle de lieder posthume Schwanengesang D 957/D 965A de Franz Schubert (1828/29), sur un poème de Johann Gabriel Seidl. Le chanteur possède un « pigeon voyageur » — à la fin démasqué : il s’appelle Sehnsucht, le désir nostalgique. Schubert revêt cela d’un petit drame de chambre lumineux, chantant et varié en sol majeur, alla breve (2/2), assez lent : syncopes pleines d’élan, pas doux, et un tendre arc final.
Table des matières
Le poème (Johann Gabriel Seidl)
J’ai un pigeon voyageur à mon service,
Qui m’est tout dévoué et fidèle ;
Jamais il ne raccourcit le but pour moi,
Et jamais non plus il ne le dépasse.
Je l’envoie des milliers de fois
Chaque jour en reconnaissance,
Au-delà de tant d’endroits aimés,
Jusqu’à la maison de la bien-aimée.
Là, il jette en secret un regard à la fenêtre,
Épie son regard et sa démarche,
Remet mes salutations en badinant
Et rapporte les siennes avec lui.
Je n’ai plus besoin d’écrire de petit billet,
Je lui confie la larme elle-même ;
Oh, elle ne la supporte sûrement pas sans agir,
Tant elle me sert avec zèle.
De jour, de nuit, dans la veille et dans le rêve,
Tout cela lui est égal :
Pourvu qu’elle puisse aller, aller toujours,
Alors elle est comblée !
Elle ne se fatigue pas, elle ne s’épuise pas,
Le chemin est toujours neuf pour elle ;
Elle n’a besoin ni d’attrait ni de récompense —
La colombe m’est ainsi fidèle !
C’est pourquoi je la garde si fidèlement sur mon cœur,
Certain du plus beau gain ;
Son nom est — la Sehnsucht ! La connaissez-vous ? —
La messagère d’un cœur fidèle.
Données de l’œuvre & aperçu
- Compositeur : Franz Schubert (1797–1828)
- Cycle : Schwanengesang D 957 ; Die Taubenpost comme D 965A (souvent ajouté comme n° 14)
- Source du texte : Johann Gabriel Seidl (1804–1875)
- Composition : 1828 ; première édition (posthume) : 1829 (dans le recueil) ; le poème de Seidl n’a été imprimé qu’en 1853
- Tonalité / mesure / tempo : sol majeur, alla breve (2/2), assez lent (à deux temps par mesure)
- Durée : env. 3:00–4:00 minutes
- Effectif : voix et piano (transpositions usuelles)
- Forme : forme strophique variée en paires (1+2, 3+4, 5+6) avec une coda finale sur la strophe de la « Sehnsucht »
Données sur le poème
- Auteur : Johann Gabriel Seidl (1804–1875)
- Forme strophique : 7 quatrains ; la pointe de l’allégorie dans la dernière strophe
- Procédés : personnification (pigeon voyageur), topos de la Sehnsucht, miniatures scéniques (fenêtre/salutations), répétitions quasi-refrain (« wandern »)
Genèse & contexte du cycle
Die Taubenpost est considéré comme le dernier lied de Schubert et fut ajouté par l’éditeur Haslinger au Schwanengesang comme un aimable envoi ; poétiquement, il n’appartient ni à Rellstab ni à Heine. Pourtant, dans de nombreuses interprétations, il clôt toujours le cycle — une conclusion à la fois lumineuse et mélancolique. :contentReference[oaicite:1]{index=1}
Pour en savoir plus sur le cycle : Schwanengesang – Vue d’ensemble.
Pratique d’interprétation & réception
Pulsation & diction : deux temps par mesure (alla breve) sous l’indication assez lent ; texte proche de la parole, avec élan — léger, jamais pressé. Pas de sentimentalité, plutôt une clarté douloureuse.
Écriture pianistique : syncopes caractéristiques et petits roulements d’accords gracieux (appel du pigeon / entrelacement de la basse et de la voix supérieure) ; pédale claire. La fin (« Son nom est — Sehnsucht ») avec un doux éclaircissement, puis un postlude paisible. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Enregistrements de référence (sélection)
- Dietrich Fischer-Dieskau – Gerald Moore
- Ian Bostridge – Julius Drake
- Matthias Goerne – Alfred Brendel
- Christoph Prégardien – Michael Gees
- Andrè Schuen – Daniel Heide
Analyse – Musique
« Pas » syncopé & geste du pigeon
L’accompagnement repose sur des accents hors temps (basse d’abord, main droite ensuite), créant un léger balancement — une sorte de démarche musicale de pigeon. La ligne est syllabique et cantabile ; de petits élans apparaissent sur les mots de salut et de Sehnsucht.
Harmonie, forme & coda de la Sehnsucht
Dans le champ de sol majeur, de brèves échappées colorées (notamment si bémol majeur, mi bémol majeur) élargissent doucement l’espace ; la strophie variée réunit les strophes deux par deux en unités musicales. La dernière strophe devient une coda lyrique — l’envoi de tout le recueil. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
Représentation visuelle
Visualisation artistique d’Evgenia Fölsche :
Un pigeon voyageur s’élève
hors de mains ouvertes
dans les airs.
L’instant du lâcher
est saisi —
entre proximité
et éloignement naissant.
À sa patte est fixé
un petit billet.
Il paraît léger et discret,
et pourtant il porte
un grand message :
Sehnsucht,
espérance et
tendre souvenir.
Les mains d’où
l’oiseau est libéré
demeurent dans l’image —
encore légèrement levées,
comme si elles voulaient
accompagner son vol.
Le ciel s’ouvre,
vaste et clair,
espace de mouvement
et d’attente.
L’image reprend
le caractère joyeux
mais mélancolique
du lied.
Comme les figures de piano
légères et bondissantes,
qui rappellent le battement
des ailes,
le message ici aussi
s’élève dans l’air.
Le pigeon devient le symbole
de la Sehnsucht
toujours renaissante —
ce « pigeon voyageur »
intérieur qui voyage sans cesse
entre le cœur
et le lointain.
Evgenia Fölsche – Interprétations & audio
La pianiste Evgenia Fölsche souligne la légèreté du pas : sensation élastique de deux temps à la mesure, texture syncopée transparente, ligne proche de la parole — la coda comme un doux instant de suspension.
Exemple audio : Die Taubenpost avec Dietrich Fischer-Dieskau et Gerald Moore
Demande de concert
Schwanengesang de Franz Schubert fait partie du répertoire de lied d’Evgenia Fölsche et est régulièrement interprété en collaboration avec des chanteurs renommés. Les programmes de concert peuvent être conçus de manière flexible et adaptés à différentes formations.
Evgenia Fölsche a collaboré notamment avec des chanteurs tels que Benjamin Russell et Johann Kristinsson qui ont Schwanengesang dans leur répertoire.
Envoyer une demande de concertQuestions fréquentes sur Schubert : « Die Taubenpost » (Schwanengesang D 957/D 965A)
Cliquez sur une question pour afficher la réponse.
« Die Taubenpost » appartient-il vraiment au Schwanengesang ?
Historiquement, le lied de Seidl a été ajouté ultérieurement par l’éditeur ; aujourd’hui, il fait presque toujours partie de l’exécution et est considéré comme le dernier lied de Schubert. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Quelle sont la tonalité, la mesure et le tempo ?
Sol majeur, alla breve (2/2), assez lent — clairement interprété et chanté à deux temps par mesure. :contentReference[oaicite:5]{index=5}
Le lied est-il strophique ?
Strophie variée : les strophes sont mises en musique par paires ; la dernière strophe forme une coda avec la révélation de la « Sehnsucht ». :contentReference[oaicite:6]{index=6}